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Avec ce premier enregistrement sur une major company, Dee Dee Bridgewater lance pour de bon sa carrière internationale. Adoptée par le public français, active dans les clubs parisiens, les festivals et les salles de concerts de l'Hexagone, la chanteuse prend ses affaires en main (elle produit ce disque, comme d'ailleurs les suivants) et affirme clairement sa place dans le peloton de tête des authentiques chanteuses de jazz, d'hier et d'aujourd'hui (on lui a parfois reproché un éclectisme qui l'a fait chanter, par exemple, dans des comédies musicales). Ici, pas de doute : accompagnée par un trio franco-hollandais au swing redoutablement efficace, Dee Dee trousse allègrement une douzaine de standards auxquels elle impose sa marque, après Ella Fitzgerald, Sarah Vaughan, Billie Holiday ou Carmen Mc Rae. Scattant avec une belle énergie sur les tempos rapides et déployant langoureusement sa voix enjôleuse sur les ballades, elle convainc aisément qu'elle a sa place dans la cour des grandes. --Thierry Quénum
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Amoureuse du swing, du scat et des mélodies accrocheuses comme elle l'est, Dee Dee ne pouvait pas manquer de s'immerger un jour à fond dans le répertoire du "hard bop grand pop" (le grand-père du hard bop, comme Horace Silver se désigne lui-même dans un de ses récents diques). C'est ce qu'elle fait ici avec délice (pour elle et pour nous) en compagnie de son trio régulier augmenté des frères Belmondo, les représentants les plus convaincants de ce style musclé et efficace sur la scène jazz française. Rodé lors de tournées triomphales, le répertoire mêle intelligemment hits ("Doodlin'", "Song For My Father"...) et thèmes moins connus. Remarquable cerise sur le gâteau, Mr. Silver lui-même - il a donné sa caution et son soutien au projet - mouille sa chemise sur deux titres et son collègue de groove Jimmy Smith, autre vétéran des fifties/sixties, fait swinguer son orgue Hammond sur deux autres. Funky, churchy et soulful à souhait --Thierry Quénum
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